
La leptospirose est une maladie bactérienne qui fait peser une menace sérieuse sur la santé humaine et animale. Elle est due à des bactéries du genre Leptospira, qui peuvent survivre plusieurs semaines dans un environnement humide. Plusieurs types de leptospires (ou sérogroupes) sont présents en France.
Jusqu’à 40 % de mortalité chez le chien
Même si la leptospirose affecte plusieurs organes, les reins et le foie sont touchés en priorité. L’atteinte rénale entraîne un syndrome d’insuffisance rénale aiguë dans plus de 80 % des cas : les reins « se bloquent ». L’atteinte hépatique s’accompagne de symptômes généraux : perte d’appétit, léthargie, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée… En revanche, la forme « ictéro-hémorragique » de leptospirose qui prédominait autrefois (les muqueuses du chien devenant rouge-orangée et l’urine se teintant de sang) tend à devenir moins fréquente : elle ne représenterait plus que 10 à 15 % des cas.
Certains types de leptospires sont à l’origine de lésions pulmonaires entraînant de graves difficultés respiratoires. Des troubles de la coagulation peuvent aussi provoquer un syndrome hémorragique.
Dans les cas sévères de leptospirose et lorsque le traitement intervient trop tardivement, la mortalité avoisine 40 % Même si le chien survit, des séquelles rénales et hépatiques risquent d’altérer sa santé pendant toute sa vie.
Les rongeurs, principaux vecteurs de la contamination
La leptospirose se transmet essentiellement par l’urine de rongeurs infectés, notamment les rats et les ragondins. D’autres espèces animales sauvages (comme le sanglier, le chevreuil, le renard…) et domestiques (bovins, chevaux…) peuvent aussi être à l’origine de la contamination ; elles constituent des « réservoirs » pour des variétés particulières de leptospires.
Le chien s’infecte principalement en buvant de l’eau souillée mais les leptospires présentes dans l’eau peuvent aussi pénétrer dans l’organisme lors du contact avec les muqueuses (oculaire, nasale, buccale…) ou avec une lésion cutanée.
Le risque de transmission directe de la leptospirose canine à l’homme est faible mais la leptospirose se développe parfois à bas bruit et les symptômes d’insuffisance rénale ou hépatique mettent alors plusieurs années à apparaître chez le chien. S’il développe une forme chronique, le chien peut participer à la contamination de l’environnement.
600 cas humains signalés chaque année en France métropolitaine
En France métropolitaine, la leptospirose touche environ 600 personnes chaque année mais ce chiffre est bien plus élevé dans les zones tropicales. Dans ces régions, la maladie touche particulièrement les populations vivant dans des habitats insalubres, où hommes et animaux vivent dans une grande proximité et dans de mauvaises conditions d’hygiène.
Certaines professions (agriculteurs, éleveurs, éboueurs…) ainsi que les personnes pratiquant des activités de loisir en eau douce (baignade, canoë, kayak, pêche, chasse) sont particulièrement exposées à la leptospirose. Chez l’homme, la contamination se fait lors de la pénétration de la bactérie par des blessures cutanées ou les muqueuses.
Les mesures de prévention contre la leptospirose visent à empêcher le contact avec les leptospires. Toute personne travaillant ou pratiquant une activité dans un milieu où il existe un risque de contamination leptospirose doit donc :
- porter des équipements protecteurs (gants, bottes, combinaison, lunettes…) ;
- protéger une éventuelle plaie avec un pansement imperméable :
- en cas de contact potentiel avec une eau souillée, laver abondamment la plaie à l’eau et au savon, et désinfecter avec un antiseptique. Attention à ne pas rincer la plaie avec une eau non potable, même limpide.
Un vaccin peut être proposé aux personnes fréquentant régulièrement des milieux à risque.
Tous les vaccins ne se valent pas
La vaccination des chiens reste le meilleur moyen d’éviter les formes les graves de leptospirose et contribue au recul de la maladie en France. Pour être efficace, le vaccin doit cependant protéger les chiens contre tous les types de leptospires qu’ils sont le plus susceptibles de rencontrer. Quand on recherche la présence d’anticorps chez les chiens, on remarque en effet qu’ils ont pu être en contact avec des leptospires différentes.
L’espèce Leptospira Interrogans, à l’origine de la leptospirose canine, est divisée en 25 sérogroupes. En France métropolitaine, les plus fréquents chez le chien sont L. Canicola, L. Icterohaemorrhagiae, L. Grippotyphosa et L. Australis. Les experts recommandent donc de privilégier des vaccins tétravalents (L4), qui protègent les chiens contre ces leptospires pathogènes.
La vaccination est conseillée même si le chien a déjà été malade car une récidive est toujours possible : on ne connaît pas la durée de vie des anticorps naturels.
Publirédactionnel réalisé par le département Conseil & Communication d'Eleveurs-Online pour
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